Samedi 6 septembre 2008
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L’argent, selon certains, est responsable de toute la mauvaiseté de ce bas monde. À la bonne heure ! Remplaçons-le par le troc. C’est sympathique, le troc. On échange des machins. C’est
plutôt cool, non.
Imaginons. Je suis producteur de tomates et j’ai envie d’un écran plasma à 1500 euros. Je vais de ce pas voir le marchand d’écrans plasma et je lui propose un échange. Soit un écran plasma contre
l’équivalent en tomates à, disons, 2,50 euros le kilo. Cela fait… attendez voir… 1500 : 2,50 = 600.
Le marchand d’écran plasma me toise et aboie : « Qu’est-ce que vous voulez que je foute de 600 kg de tomates ? »
Vendredi 5 septembre 2008
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17:43
Le soleil de
cette fin d’après-midi m’avait singulièrement déshydraté. Bien que n’ayant guère d’affinité avec les bars et leur clientèle interlope, je résolus de pénétrer dans le premier établissement qui se
présenterait tant ma soif se faisait insistante.
Au coin de la rue, j’aperçus un de ses petits bistrots qui sentent bon la France d’en bas. Atmosphère de guinguette parfumée de néon et de tabac froid. Le gosier sec
comme une plaque de granit, je poussai la porte avec un soupir de satisfaction. Le patron bricolait dans un coin du comptoir, et une dame tout de noir vêtue s’avança vers moi la larme à
l’œil.
— Un diabolo menthe, s’il vous plaît…
Elle me servit en reniflant. Une aura d’insondable tristesse rayonnait de tout son être. A l’autre bout du comptoir, son mari lui lança un regard désespéré. Je bus
mon diabolo d’un trait, reposai mon verre et, pour cacher mon embarras, je jetai un rapide coup d’œil aux alentours. Dans un silence pesant, une demi-douzaine de clients fantomatiques sirotait
leurs verres d’un air morose. Dans le fond de la salle, deux femmes pleurnichaient devant leurs tasses de café.
L’ambiance morbide qui régnait dans ce bar me fit regretter ma précipitation. J’avais d’autres chats à fouetter que de m’encombrer de ce genre de compagnie.
Cependant, la curiosité l’emporta sur le trouble et, commandant un autre verre, je m’enquis discrètement de la raison de cette tristesse généralisée.
— C’est que, m’informa la patronne en se mouchant, nous revenons d’enterrer l’un de nos meilleurs clients. Que dis-je un client, un ami, monsieur, un ami
formidable.
Le patron reposa les verres qu’il essuyait distraitement et s’approcha.
— C’est un grand malheur qui nous arrive là, mon pauvre monsieur. Voyez-vous, comme vous l’a dit ma femme, monsieur Gérard faisait presque partie de la famille.
Chaque matin, à huit heures pétantes, il était là. Il commandait son petit café, son petit calva. Et puis un autre, quelquefois un troisième. Il disait comme ça que ça lui donnait de l’entrain.
Il travaillait à l’imprimerie, juste en face. Vous l’auriez connu. Cinquante ans, fringuant comme un jeune premier. Toujours d’attaque. Tenez ! Sur le coup de dix heures, la pause. Il venait
nous faire un petit coucou. Buvait ses deux ou trois demis. L’imprimerie, ça donne soif, qu’il répétait souvent. Il n’était pas rare qu’un autre paye une tournée, voire deux. Et il repartait en
sifflotant une petite ritournelle.
La tournure que prenez cette affaire commençait à m’intéresser. Je me penchai un peu pour manifester mon intérêt. Tandis que la femme hochait tristement la tête, le
bonhomme reprit :
— Sur le coup de midi moins le quart, il était là. « Il est pastis moins le quart » qu’il disait. C’était son expression favorite. « Allez Léon, fais
péter le jaune ! » C’était un bon vivant, monsieur Gérard. Sept ou huit pastis, ça ne lui faisait pas peur. Faut dire qu’il avait un solide coup de fourchette. Ça épongeait, vous
comprenez. Avec une bonne bouteille de côte du Rhône et deux ou trois Cognac pour digérer, je peux vous dire qu’il était d’attaque pour une bonne après-midi de travail.
— Je comprends, oui.
— Il finissait son service sur le coup de cinq heures et demi, six heures, monsieur Gérard. Pile poil pour l’heure de l’apéro. Le soir, c’était plutôt le Martini,
son péché mignon. « Pour décompresser », il disait. Le Martini, fallait pas lui en promettre, il vous buvait une demie bouteille comme de l’eau de source. Il était gourmand. Ce petit
goût sucré, ça le mettait en appétit. Il n’était pas rare qu’il reste avec nous manger un morceau, déguster une ou deux bouteilles de blanc. Il était célibataire, vous comprenez. Personne ne
l’attendait. Après on faisait une belote. Ah ! Monsieur. La belote, il aimait ça. On jouait la tournée. Celui qui perdait payait le digestif de son choix. Hein ! Simone. On en a passait
de bonnes soirées avec monsieur Gérard. Mais voilà, il est mort subitement…
— Mais enfin, m’impatientai-je, de quoi est-il mort, ce monsieur Gérard ?
Le patron écarta les bras en signe d’impuissance.
— Mais on ne sait pas, monsieur. On ne sait pas !
Jeudi 4 septembre 2008
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12:44
Sevim, (voir ma liste de liens) me propose un site très intéressant : http://www.visionsanstete.com .
Il y est question d’expériences diverses. Au fur et à mesure de mon inspiration et de mon ressenti, je vous ferai part de mes réponses aux questions. (Ce sera
parfois ironique, parfois cruel, parfois sincère, car telle est ma nature et n’ai nul besoin ni envie d’en changer)
Aujourd’hui : Expérience du doigt qui pointe, par José Le Roy.
Pointez l’index de la main droite (si je suis gaucher, il y a discrimination) vers le plafond. Ce que désigne le doigt dans l’instant présent a une forme, une
taille, des couleurs ; c’est un élément du monde, avec un âge. Il est apparu un jour et disparaîtra un jour (ou peut-être une nuit " Clin d’œil à Barbara ")
Moi, (et mon associé M. Ego) obéissons sans discuter. Ce que je ressens ? L’impression d’être un âne qui désigne d’un index indécent une grande surface blanche,
sinon grisâtre, de forme oblongue, sans aucune personnalité. Le blanc n’est pas une couleur et provoque, chez moi et mon associé, un irrésistible sentiment de deuil et de tristesse.
L’on me dit que cet élément est apparu un jour (maudit) et disparaîtra un jour (béni). Pourvu qu’il devienne bleu ou bien vert pâle. Là, enfin, je pourrai y
discerner quelque chose d’approchant la Vie.
En conclusion ? J’ai un toit, de quoi me plaindrai-je ?
Jeudi 4 septembre 2008
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09:21
La pierre fondra en larmes,
Parce que je ne peux rester à jamais fermé à vous.
Je ne peux me sauver sans être vaincu.
Du ciel bleu, un œil regardera
Pour me convoquer en silence.
Je recevrai la mort complètement à vos pieds.
(Rabindranath Tagore)
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Mercredi 3 septembre 2008
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23:22
" En méditant, j'ai compris que, lorsque Dieu s'apprêtait à créer l'homme,
toutes les créatures d'en haut et d'en bas se mirent à trembler ! "
(Rabbi Siméon ; Le Zohar, le livre de la splendeur)
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