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Rédacteur correcteur

Je suis rédacteur correcteur. Un peu comme un écrivain public en moins administratif. Je gagne ma vie en corrigeant et révisant des articles ou des manuscrits. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Je vous aide à écrire votre roman ou vos mémoires. Quel que soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous.


Ecrivain, correcteur-rédacteur indépendant pour les entreprises et les particuliers.
Identifiant SIRET 501 498 489 00027

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Mardi 5 août 2008 2 05 08 2008 21:36

Eh ! Vous allez rire. Il s’est passé quelque chose de troublant. Un peu comme un trou noir mais à l’inverse, (du genre j’étais et maintenant je suis) et quoi de plus agréable qu’une inverse d’était. C’est rafraîchissant et ça rassure les ménagères de plus de cinquante ans. À moins que ce ne soit les mégères de plus de cinq quintaux, je ne sais plus, j’ai un trou. Noir. Et c’est troublant.

J’émerge donc du trou, j’ai les ongles en deuil, une crotte dans l’œil et l’impression fascinante d’avoir un bouquet de cerfeuil planté en plein milieu du crâne ; juste à l’emplacement du chakra aux mille pétales. Ou du chat cradingue (mais néanmoins souriant d’Alice) au mille pédales.

En parlant de chat, je perçois soudain la mine facétieuse d’un lapin en peluche qui me regarde d’un air matois.

— Bienvenue au trente-sixième dessous me susurre-t-il avec, comment dirais-je ? Une sorte d’inflexion à la Marilyne dans la voix.

Je lâche prise. Tout un réseau de tendons et de muscles tendus se remet au boulot. J’ai le goliwok qui ressemble à un ballon de foot garni de billes d’uranium. Je jette un œil alentour ; par pur bonheur, il réintègre sans maugréer sa loge initiale. Je réalise que les frères barmen sont à peu de chose près aussi abrutis que moi.

J’essaie de rassembler mais souvenirs. Mes déjà là, je ressens comme un problème. Je confonds une conjonction de coordination avec un adjectif possessif. Je me gratte les testicules comme tout sombre macho qui se respecte et tente tant bien que mal à remettre mes idées dans l’ordre. Deux ou trois génuflexions de la nuque, deux mouvements de tai shi shuan encouragé par un club de supporters du PSG repentis et me voila d’attaque. Enfin presque !

Voilà que le lapin me refait le coup du ventriloque mais, cette fois, avec la voix de Léon.

J’exprime, avec une vélocité linguistique à nulle autre pareille mes conjectures. Cause toujours. Le lapin me regarde comme si j’étais une pieuvre à moustache relooké par le défunt Zavatta.

— T’as jamais entendu parlé du transfert ?  du conneau la bombarde !

Qu’est-ce que vous voulez répondre à « ça ». Dans les deux sens du terme. Déjà que la psychanalyse, moi, je, personnellement (oui, je sais j’ai l’ego boursouflé) j’ai toujours considéré ça comme une arnaque, mais quand ça vient d’un lapin en peluche bleu d’un mètre de haut, permettez-moi de protester.

Le lapin, qui visiblement se contrefiche de mes états d’âme, continue son explication sans s’impliquer.

— Eddy avait de gros problème d’identification paranoïaque et souffrait de trouble oedipien non résolus. Il voulait consulter « quelqu’un », comme disent fréquemment les adeptes du politiquement correct, mais fouillant tous les annuaires de l’Internet et ne trouvant pas de psychologue, psychiatre ou psychopathe dénommé Quelqu’un il s’était livré à son lapin en peluche. Bingo ! Zoputrouille et bargounette ! Transfert.

Moi, vous commencez à me connaître, je lui rétorque que psychopathe, c’est une maladie psychique, pas une profession. Ça vient de pathos et que…

Et le lapin me pose la patte sur la tête avec suffisamment d’autorité pour que je me taise.

— T’es déjà aller voir un ostéopathe ?

Ben oui que je lui réponds en haussant les épaules.

— Et c’est qui qu’avait mal aux os, c’est toi ou c’est lui ?

Bouche bée je reste planté là comme un piquet de grève chargé au Ricard. C’est à ce moment-là que Léon raconte comme dans un rêve qu’on s’est trompé de niveau (à suivre)

- Publié dans : feuilleton - Communauté : Diaspora Zorange
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Vendredi 1 août 2008 5 01 08 2008 10:30

Quatre jours plus tard, Charles Lomagne se présenta à la préfecture. L’huissier le regarda avec un intérêt non dissimulé. Sa fonction ne lui permettait pas de poser des questions, mais ne l’empêchait pas de cogiter. C’est en riant sous cape qu’il introduisit monsieur le maire de Montmorence dans le petit cabinet. Il n’avait pas été convoqué et son matricule allait chauffer. On ne dérange pas messieurs les bureaucrates comme ça.

Lomagne ressortit du cabinet moins de trois minutes plus tard, un sourire de renard sur les lèvres. L’huissier eut le temps de voir ces messieurs les bureaucrates affalés derrière leurs bureaux, l’un était pâle comme un mort, l’autre, la main sur le cœur, s’étouffait de rage en réclamant ses pilules. Lomagne lança à l’huissier ahuri :

— Janacek le Fennec est de retour et je vous fiche mon billet que la cerisaie à encore de beaux jours devant elle. Adieu l’ami et continuez d’écouter aux portes, c’est instructif.

Lorsqu’il réintégra son bureau ce jour-là, il trouva une petite carte rédigée d’une écriture menue.

« Je vous remercie de votre action, monsieur le maire. Vous êtes quelqu’un de bien, au fond. Mais je tenais à vous dire que je n’aurais jamais toléré qu’on touche à Charmelune. »

C’était signé C. S. Dromos.

- Publié dans : Roman (extrait) - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 07 2008 17:13

Il revint à Montmorence honteux et balbutiant. Il traversa à sommeil trébuchant une nuit épouvantable. Virant et voltant dans le lit conjugal au grand dam de sa dame, il mixait et malaxait dans sa tête les conséquences du drame épouvantable que cette opération allait engendrer. Au petit matin, il posa son bagage. Il ne pouvait accepter cette infamie. Il ne souhaitait pas laisser dans l’histoire le souvenir du lâche qui saccagea une légende.

 

Mais comment faire pour contrer ces gens qui le tenaient par le fond du slip. Le grand sec, surtout, avait l’air terrible. Quant à son ministre, un seul geste devait suffire pour qu’il fasse jeter Lomagne dans un cul de basse-fosse. Il ne lui restait plus qu’une seule solution : se rendre dès potron-minet chez la mère Petit-Pas qui prenait son petit déjeuner sous son auvent.

 

Il lui expliqua en deux mots l’objet de sa visite. Cette lâcheté dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Cette honte qui l’assaillait chaque fois qu’il devait couvrir une magouille. Il avait beau dire et beau faire pour se persuader de montrer un peu de courage devant ces beaux messieurs, ça ne tenait pas. Ils le manipulaient comme une marionnette.

Il révéla tout. L’usine, la pollution, la destruction de la cerisaie, tout. Il confessa son inexplicable couardise, cette sueur infecte qui détrempait sa chemise chaque fois qu’il tentait de relever la tête. Cet incompréhensible tremblement qui agitait ses genoux chaque fois qu’il prenait ses ordres chez les bureaucrates de l’Isle-Bouzon. Tout cet argent malodorant et bien mal acquis qui encombrait les coffres du banquier Busard.

La mère Petit-Pas l’écoutait sans broncher. Tout juste si elle levait de temps à autre le nez de son bol de café. Il expliqua aussi que sa queue de renard lui avait laissé entrevoir un monde de bravoure et d’honnêteté duquel il se sentait exclu depuis des lustres. Lorsqu’il se tut enfin, elle le regarda droit dans les yeux et demanda :

— Qu’est-ce que vous voulez, exactement ?

Il affronta le regard argenté de la dame de Charmelune.

— Je veux retrouver ma queue de renard, madame Dromos. Avec elle, j’ai l’impression de pouvoir sauver le monde.

Un pâle sourire erra un instant sur le visage de la vieille dame.

— On ne vous en demande pas tant mon ami.

Suspendu à ses lèvres, Lomagne attendait.

— Ce n’est malheureusement pas possible de la faire repousser, expliqua patiemment Claudika Dromos. Mais je peux néanmoins faire quelque chose. Attendez un instant et servez-vous du café. Vous devez avoir soif après tous vos discours.

Elle rentra dans sa cuisine et revint avec un petit sachet qu’elle posa sous le nez de Lomagne.

— L’amaranthus caudatus est cultivée dans les jardins sous le nom de queue-de-renard, dit-elle. J’y ai ajouté des graines de vulpin et deux ou trois autres choses encore. Vous comprendrez que je ne peux pas divulguer mes petits secrets. Prenez ça en infusion pendant trois jours à partir de ce soir. Vous verrez. Votre courage et votre ruse reviendront.

Lomagne s’empara du petit sachet comme s’il se fut agi d’une bourse emplie de diamants. Il prit congé à reculons, comme un laquais.

- Publié dans : Roman (extrait) - Communauté : Diaspora Zorange
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 07 2008 12:35

Montmorence, fief de Charles Lomagne, s’articulait de manière anarchique autour d’une artère principale à laquelle on accédait par la porte nord, dite porte de Cornefeuille. Cette avenue rigoureusement rectiligne, seule concession à l’ordre établi, regroupait tous les commerces à l’exception de l’échoppe de monsieur N’dialo qui se trouvait dans la rue de l’oubliette. Tout au bout de cette artère, l’église Saint Guignolet surplombait l’esplanade des Marasquins comme une marâtre toisant une bru indélicate.

L’église de Charmelune avait été bâtie sous le règne de Rigobert III Hadrumète, célèbre baladin devenu prince de la principauté de l’Isle-Bouzon après avoir, selon ses détracteurs, remporté le prix de bonne camaraderie à un concours de circonstance. Heureux de sa bonne fortune, ce monarque éclairé remercia le Tout Puissant en bâtissant la seule église au monde à orientation transitoire. Une merveille d’architecture montée sur pivot qui reflétait à merveille les convictions religieuses de Rigobert.

En effet, ce roitelet dont le domaine, coincé entre une monarchie catholique à la manière d’un John Duns Scot shooté à la mescaline et l’empire protestant d’un Jean Cauvin mentalement déstructuré prônant la prééminence de la religion sur la société civile, ne maintenait son intégrité territoriale qu’à force d’hypocrisie, de tergiversations et de toutes sortes de mercantileries dont l’opposition entre le principe d’individuation trinitaire et les ordonnances paulinienne d’un consistoire autoproclamé n’étaient que le sommet de l’iceberg. Rigobert ne comprenant rien à ce schisme syllogistique ferma ses frontières aux légats, apôtres et ambassadeurs des différentes factions. L’arrêt fit grand bruit et, comme chacun sait, provoqua la lamentable querelle des Paradigmes qui faillit bien entraîner l’Europe dans le chaos. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter le remarquable In absentia vs praesentia (chez l’auteur) de Maxime Ribouillard. Une somme brillamment documentée à la plume alerte. Mais trêve de digression !

 Lorsque vous vous trouviez face à l’église…

Ah ! J’entends déjà les entomologistes fornicateurs ricaner. S’orienter grâce à une église croisée avec une girouette relève de la gageure la plus téméraire. Permettez-moi de stopper net toute palabre en précisant que le dispositif d’orientation transitoire était grippé depuis belle lurette.

Lorsque vous vous trouviez face à l’église, donc, vous aperceviez, derrière les chênes centenaires qui ceinturaient la place, sur votre gauche le café de la poste et sur votre droite la mairie. D’un côté, le fief de l’opposition, de l’autre, le repère journalier de l’érudition faite homme, à savoir le bureau du tout puissant monsieur Ribouillard qui organisait et modifiait l’état-civil selon son gré. De fait, ces messieurs du café de la poste, jamais avares de boniments à deux sous, certifiaient que le véritable maître de Charmelune n’était autre que ce remarquable clerc, célèbre auteur d’un recueil de poésie publié en Chine : Les discours incrédules pour opercule sous-titré.

N’empêche ! C’était bien Charles Lomagne qui avait été élu maire de Montmorence par défaut.

À ce stade du récit, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse. Pour les lecteurs qui s’interrogeraient sur un éventuel sens de l’humour de monsieur Lomagne père, notons que celui-ci en était totalement dépourvu. Ce nom à l’humour discutable n’était que le reflet d’une tradition incontournable de Charmelune, à savoir donner le prénom de l’oncle paternel au fils aîné de chaque famille. Lorsqu’il n’y avait pas d’oncle, on se rabattait sur un cousin, ou bien dans les cas les plus extrêmes, on s’en remettait à la sagesse de l’employé d’état-civil. Voilà pour couper court à toute moquerie de mauvais aloi.

 

Malgré son nom à la consonance prédestinée, notre bonhomme ne possédait pas la bosse du pouvoir. En fait, depuis sa jeunesse tumultueuse, il n’avait qu’un souci en tête, fuir Charmelune et son folklore d’un autre âge pour entamer une carrière de chansonnier dans un des nombreux cabarets de l’Isle-Bouzon. Dans cette perspective, il s’était composé un personnage de renard matois et hâbleur prompt à ironiser sur les travers de ses contemporains nommé Janacek le Fennec. Son rêve prit de la gîte lorsqu’il reçut sa feuille de route afin d’accomplir son service militaire et se brisa définitivement lorsque son père mourut des suites d’un accident de travail et qu’il dut se résoudre à reprendre l’entreprise familiale.

 

Charles accomplit son service militaire dans la marine. Comme tout bon matelot, il bourlingua dans le vaste monde. À l’occasion d’une bordée dans un bouge de la mer d’Aral, il faillit perdre une oreille lors d’un duel contre un corsaire barbaresque féru de littérature celtique qu’il soulagea d’une partie de son nez. L’objet de la querelle fut de déterminer de manière irréfragable qui de Perceval ou de Galaad avait le premier mis la main sur le Graal. Les deux antagonistes fortement alcoolisés s’en tirèrent avec les honneurs et quelques pintes de bon sang en moins, mais il fut impossible de les départager.

À la suite de cette navrante péripétie, les autorités militaires, inquiètes de sa santé mentale, réformèrent Charles sans autre préambule et le placèrent d’office dans un hospice de Gérontopolis d’où il ne put s’évader qu’à force de bassesse et de corruption.

 

De retour à Montmorence, il crut bien voir sa vie sombrer dans un infrangible ennui. C’était sans compter sur les ressources infinies de la très sainte providence.

 

Le père de Charles était négociant en vin et ses affaires n’étaient pas florissantes. Nonobstant le fait qu’il était, comme se plaisaient à le dire ces messieurs du café de la poste « négociant en vain », il était également d’une distraction maladive. Il arriva donc qu’il tombât un soir dans un foudre vide sans que personne ne s’en aperçût. On ne le retrouva que trois semaines plus tard, mort de soif. Sa veuve se consola dans les bras de tout ce qui portait culotte. Aux dernières nouvelles, elle tiendrait un estaminet de réputation douteuse où, dit-on, le libre échange est de rigueur.

 

Tout ça pour dire que Charles Lomagne n’eut d’autre choix que de succéder à son père. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il modernisa la chaîne de production, lança sa propre marque de guignolet et de kirsch, deux produits qui marchèrent du feu de dieu et convola en juste noce avec la fille du commissaire aux comptes de l’Isle-Bouzon.

 

Lorsque Benjamin Larescousse, maire de Montmorence depuis plus de trente ans, décida de prendre sa retraite, il ne manqua pas de postulants au poste de premier magistrat du bourg. Je ne vous infligerai pas un énumération ennuyeuse, sachez seulement que nombre de ces messieurs du café de la poste virent leurs nuits agitées par des rêves de toute puissance. Cependant, le beau-père de Charles avait le bras long au point d’imposer sa volonté à tout récalcitrant susceptible de se hausser du col. Les ardeurs politiques de ces messieurs furent prestement calmées par l’intervention fortuite mais convaincante de quelques nervis dépêchés par certain notable de l’Isle-Bouzon fervent adepte du népotisme.

En quelque obscur cabinet, on sut persuader Charles Lomagne de se présenter à la mairie au motif de préserver l’intégrité et l’indépendance de Montmorence. Comme on le voit, si les antiques rouages de l’église saint Guignolet étaient grippés, il n’en était pas de même de ceux de hautes instances qu’il m’est interdit de citer plus précisément.

L’équipe de Charles fut élue avec la majorité des voix moins les abstentions. Sa nomination en tant que maire ne fut qu’une formalité. Il joua son rôle de fantoche avec talent. Certes, certaines situations auxquelles il se trouvait confronté l’incitèrent souvent à ressusciter Janacek le fennec. Après réflexion, il se disait que la situation ne méritait pas la perte des privilèges exorbitants dont il bénéficiait. Notons que dans les cas les plus extrêmes, lorsque sa conscience le tourmentait trop, son épouse savait étouffer ses désirs de rébellion avec un sens de la persuasion digne des plus talentueuses courtisanes.

 

L’épisode assez fâcheux de l’exhortite bestiale raviva les ardeurs de l’opposition qui voyait là l’occasion de faire cesser la pantomime affectée de Charles Lomagne. Ce même Charles Lomagne qui reprit, si j’ose dire, du poil de la bête, au point de regretter la disparition de son appendice vulpestre. Pourvu de cette queue amarante et frénétique, il s’était senti pousser des ailes de justicier. Pendant les deux jours qu’avait durer la pandémie, une énergie nouvelle l’avait investi. Sa queue de renard, enfin, l’autorisait à jeter sa défroque de clown à la solde des autocrates de l’Isle-Bouzon et par extension de retrouver cette once de probité qu’il avait perdue dans cet asile gérontopolitain.

 

Malheureusement, ses nouvelles dispositions s’évaporèrent comme une bouteille de guignolet au café de la poste. Il ne fallut que quelques jours pour qu’il retrouve ses trois sinistres amies : Prévarication, concussion et malversation.

 

Un jour, pourtant, cette sempiternité cessa. Un billet porté par coursier le convoqua en un certain cabinet de l’Isle-Bouzon. Aux ordres, monsieur ! Séance tenante.

Les autorités lui annoncèrent la construction prochaine d’un complexe pétrochimique destiné à la production de nitrométhane, de monoxyde de carbone et d’oxyde de soufre. Charles s’inquiéta de savoir où cette usine à gaz allait être érigée. On déroula sous ses yeux horrifiés une carte de Montmorence. Un personnage jusque là muet, sec comme un coup de trique, et que l’on présenta comme un émissaire du ministre des opérations frauduleuses posa son doigt sur un endroit précis : la cerisaie.

— À charge pour vous de persuader les Montmorençais du bien fondé de l’opération. Naturellement, nous ne vous oublierons pas.

La voix rouillée de l’échalas agaçait l’oreille. Une sorte de vertige submergea Charles Lomagne. 

— Mais enfin, la cerisaie. Vous n’y pensez pas.

— Qu’avons-nous à faire de quelques arpents d’arbres fruitiers. Rassurez-vous, monsieur Lomagne. Si c’est pour votre production que vous vous inquiétez, il existe de nos jours de nombreux substituts de synthèse plus économiques et plus rentables.

— S’il n’y avait que ça. Mais la cerisaie, messieurs, avec tout le respect que je vous dois… enfin, quoi, un auteur russe s’en est inspirée pour écrire sa pièce… et puis la pollution.

— Il suffit, Lomagne !

Le maire se recroquevilla sur lui-même comme un haricot déshydraté. Sévèrement tancé par son beau-père qui le convainquit une fois de plus d’accepter sans broncher un marché de dupe, il s’entendit accepter de raser la légendaire cerisaie de Charmelune. Sa lâcheté l’emportait une fois de plus. (à suivre)

- Publié dans : Roman (extrait) - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 30 juin 2008 1 30 06 2008 17:07

Bonjour !

 

Certains d’entre vous doivent se demander ce que je maquille dans mon coin, alors qu’à une époque j’écrivais pratiquement un article par jour. Eh bien ! Pas d’inquiétude ! Aucun poil d’aucune sorte n’a poussé dans ma main. Bien que mes anciens professeurs me proclamaient fumiste patenté, j’ai toujours eu un certain goût du travail. Et en ce moment, c’est la grosse charrette avant les vacances que je vais passer à Paris chez mes enfants.

 

J’en profiterai pour visiter une femme qui a toujours beaucoup compter pour moi depuis cet âge d’or qui passe si vite : notre adolescence. Nous ne nous sommes pas revus « de visu » depuis 20 ans et vous ne vous imaginez peut-être pas le bonheur que cela procure. Mais là, je suis insolent, nous avons tous à l’abri dans notre cœur un ami ou un amour, bref un être cher, que nous désirons tellement revoir et je suis certain que vous comprenez très bien de ce dont je parle.

 

Je vous propose ce morceau, pour elle, pour nous, et pour tous ceux qui n’ont pas une pierre à la place du cœur. Bises à tous !

http://www.dailymotion.com/video/x1mwm8_gary-moore-still-got-the-blues-live_music


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