La Bibliomancie
La bibliomancie est une science ancienne qui consiste à tirer des présages ou des informations dans un
livre sacré ou considéré comme tel. Ainsi furent utilisés, lorsque les religions se référèrent à un livre, la Bible, les Évangiles, le Coran. Les premiers chrétiens choisirent d’utiliser les
Évangiles et les Actes des Apôtres... Mais rapidement cette pratique se perdit, étant considérée comme idolâtre et païenne. Les Pères de l’Église et les saints évêques du calendrier, qui
n’étaient pas des modèles de tolérance, n’admettaient pas que l’on puisse interpréter à sa guise les saintes Ecritures.
Dans un esprit identique, des musulmans condamnèrent, eux aussi, l’usage du Coran à des fins
divinatoires : il est impie de poser à un livre saint des questions qui peuvent se révéler insidieuses ou sacrilèges. Mais l’usage de la bibliomancie chez les musulmans n’en a pas moins
perduré.
Après avoir procédé à des ablutions, le questionneur ouvre le Coran au hasard, lit la septième ligne du
feuillet droit, puis la septième ligne de la septième page en avant, et en arrière, de ce feuillet. La combinaison de ces trois lignes doit lui donner la réponse à sa question et éclairer son
avenir...
Il existait en Perse des éditions du Coran dont chaque page était surmontée d’un des trois mots bon,
mauvais, ou neutre, afin de rendre plus rapide l’interprétation du bibliomancien. Les Grecs ouvraient l’Iliade ou l’Odyssée, les Romains l’Énéide de Virgile... Ils considéraient la poésie et
l’éloquence comme un don des dieux, et c’était surtout les écrits d’Homère et de Virgile, dans lesquels les dieux ne cessent d’intervenir, qui servaient à ces consultations
oraculaires.
Bibliomancie pratique : choisir dans sa bibliothèque un livre « noble », tant par la qualité
de son auteur que par la richesse morale de son contenu. Le tenir fermé, dos vers le bas, et penser à la question posée. Dans l’autre main, tenir un objet pointu – les Anciens utilisaient des
aiguilles d’or – soit on enfonce cette aiguille dans le livre fermé, soit on la promène sur la tranche jusqu’à ce qu’elle accroche. Ouvrir alors le livre à la page ainsi désignée, et lire la
ligne à hauteur de la pointe de l’objet. Le message donné dépend beaucoup de qui l’interprète. Pour le comprendre, il faut savoir « lire entre les lignes ».
Pour trouver la ligne oraculaire, il existe d’autres techniques dérivées de celle de l’aiguille d’or.
On peut, les yeux fermés, ouvrir le livre au hasard, et, toujours au hasard, poser le doigt sur une ligne... On peut aussi charger de la besogne une main neutre ou innocente (enfant illettré). On
peut encore, avec des dés, déterminer le numéro de la page, de la ligne... On peut aussi imiter les Romains qui mettaient dans une urne des morceaux de parchemin portant chacun un extrait de
l’Enéide, et y puisaient au hasard. Lorsque la réponse était trop obscure, ils allaient consulter un oracle en son sanctuaire. De nos jours, le bibliomancien indécis peut se référer, pour tenter
d’interpréter un message confus, à des dictionnaires de psychanalyse, des rêves ou des symboles...
(In Dictionnaire des symboles, des arts divinatoires et des superstitions de Gabriel Lechevallier, Maxi poche, Connaissance).
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